Enseignement supérieur

Sélection en master : les universités ont-elles le choix ?

La sélection en master est un sujet qui enflamme les étudiants, syndicats et professionnels de l’enseignement supérieur depuis plusieurs mois. Si certains dénoncent les méthodes des établissements, plusieurs universités expliquent qu’elles n’ont pas d’autres choix. En attendant que le gouvernement dévoile une solution, à quoi faut-il s’attendre pour la rentrée prochaine ?

La filière du droit très concernée

  1. C’est le nombre de formations qui n’instaureront pas de sélection à l’entrée de leur master 1 en 2017. Le pays en compte près de 3 000. Conséquence, il y aura bien sélection pour l’entrée en master 2, et donc quelques déçus. La liste de ces formations a été examinée par le Cneser du 11 juillet dernier, et a d’ores et déjà reçu un avis négatif.

Pour être plus clair, la loi de décembre 2016 autorise les universités à sélectionner les élèves à l’entrée de leur première année. Ces derniers bénéficient ensuite d’un droit à la poursuite d’études. Cependant, il existe encore des dérogations et certains établissements travaillent toujours en fonction de l’ancien système, celui de la sélection en M2.

Sur la plateforme « trouvermonmaster.gouv.fr », le ministère de l’Enseignement supérieur a dévoilé la liste des masters qui n’ont pas instauré de capacités d’accueil en M1 pour la rentrée prochaine. D’après les informations du ministère, 52 universités conservent les M2 sélectifs, soit un peu plus de la moitié des établissements. En fonction des régions, les différences sont énormes. On compte par exemple 22 M2 sélectifs pour Paris 1, 15 pour Lyon 3, contre 1 pour Toulouse 3 ou encore Rennes 2.

C’est dans le domaine du droit que la majorité des formations (60 %) conservent une sélection. Au contraire, en psychologie, beaucoup de responsables ont choisi une sélection en M1.

Les établissements dans l’impasse

L’université de Toulouse-Jean-Jaurès est face à un problème pour sa rentrée 2017. 1 800 étudiants veulent suivre le M1 en psychologie. Elle est l’un des seuls établissements à ne pas avoir instauré de sélection, et se retrouve désormais dans « une situation explosive ».

Ollivier Haemmerle, vice-président de la commission formation et vie universitaire de l’université Toulouse-Jean-Jaurès (Toulouse 2) déclare : « Nous sommes actuellement dans une impasse. La situation est explosive. Nous n’avons aucun moyen juridique nous permettant de sélectionner les étudiants à l’entrée du master de psychologie – puisque nous n’avons pas voté de capacités d’accueil. Mais, dans le même temps, logistiquement, l’université ne pourra pas accueillir les quelque 1.800 étudiants qui souhaitent s’y inscrire. »

Après avoir refusé d’envoyer par la poste ou en ligne les dossiers à remplir, afin de décourager quelques candidats, l’université se retrouve avec un trop-plein de demandes qu’il va falloir accepter. Nombreux seront les déçus au moment de l’entrée en M2, qui est sur sélection. Pour le moment, Toulouse attend une solution du gouvernement.

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Pierre

Pierre

Enseignant chercheur.
Je veille sur l’enseignement supérieur et sa « révolution » possible dans les prochaines années !

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